J'aurais aimé vous le dire. Ce soir, hier soir, avant hier soir. Il y a 3 ans j'aurais aimé oser. Le courage, voilà ce qui me manque. C'est trop tard ? Peut-être. Je m'en fous. Je vous le dirai un jour. Sans ces stupides larmes au fond de mes yeux, je vous le dirai en face. Que la danse c'est mon choix. Ma vie. Ma décision, ma passion, mon truc à moi et à personne d'autre. Même pas à vous. Je me fous de savoir si vous comprenez ou non, à l'évidence de toute manière c'est non. Si ça ne vous plait pas, c'est la même chose. Je vous le cracherai à la gueule un de ces jours. Je vous hurlerai dessus pour que vous compreniez comme j'ai mal. Vous ne me croyez pas, vous ne m'avez jamais cru, jamais. Vous savez ce que c'est de donner tout ce qu'on a durant une heure et demi, de passer ses soirées à soigner ses pieds, de nettoyer le sang sur ses pointes ? Vous savez ce que c'est qui vous pousse à pleurer des nuits entières par la simple pensée de ne jamais pouvoir réaliser son rêve ? Vous n'avez plus de rêves, moi j'ai encore les miens. Du moins celui là. C'est tout ce qui me reste quand je regarde votre monde minable. Mais accrochée à une barre ça paraît presque joli. Monde d'autiste vous dîtes. Je serai une autiste pour le restant de ma vie si il le faut. J'ai eu trop mal pour oublier, j'ai travaillé trop fort pour tout abandonner. Vous ne croyez pas en moi, je sais, moi non plus, mais je trouverai quelqu'un. Je ne suis pas douée, je suis névrosée. Je ne suis pas passionnée mais empoisonnée. Je n'aime pas la danse, c'est la danse qui m'aime.